OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Pourquoi Quora plait-il aux blogueurs ? http://owni.fr/2011/01/06/pourquoi-quora-plait-il-aux-blogueurs/ http://owni.fr/2011/01/06/pourquoi-quora-plait-il-aux-blogueurs/#comments Thu, 06 Jan 2011 12:18:37 +0000 Benoit Raphaël http://owni.fr/?p=41266 Cela fait plusieurs mois que je cite Quora en exemple sur ce blog. Créé en 2009 par  Charlie Cheever et Adam d’Angelo, un ancien de Facebook (photo), Quora reprend le meilleur des réseaux sociaux : Facebook, Twitter et Yahoo Answers, pour proposer une expérience qui, je ne suis pas le seul à en être convaincu, préfigure le visage du blogging du futur.

Depuis le mois de décembre, Quora est “hot”. C’est le service dont tout le monde parle dans les milieux techies. Il rassemblerait déjà plus de 500.000 utilisateurs. Et depuis le 3 janvier, les boîtes mail des membres de Quora explosent littéralement sous les alertes de nouveaux inscrits qui se sont abonnés à votre page. Cela me fait penser à FriendFeed, un excellent service d’agrégation de réseaux sociaux qui avait connu la même explosion avant d’être racheté et “tué” par Facebook.

En septembre, je le présentais plutôt comme un service de social search : vous cherchez quelque chose, vous posez une question à une communauté d’experts, dont vous faites partie, et vous avez votre réponse dans la minute ou la journée. En fait, Quora va beaucoup plus loin, et préfigure de plus en plus une nouvelle forme de blogging. D’aucuns, comme Techcrunch, pensent d’ailleurs que Quora pourrait prochainement ratrapper Twitter. Difficile à dire. Mais il est vrai que Twitter se positionnant de plus en plus comme une plateforme média, Quora propose sur ce point un service beaucoup plus accessible et efficace.

Quora répond aux aspirations des blogueurs

Pourquoi blogue-t-on ? Selon une étude Technorati en 2010, les trois principales motivations des blogueurs sont : 1) Dire ce que je pense sur mes centres d’intérêt. 2) Rencontrer des gens ayant la même vision des choses et communiquer avec eux. 3) Partager mes compétences et mon expérience avec d’autres.

Je rajouterai une autre motivation, plus sociale, qui est de se construire une réputation.

Quora répond admirablement à tous ces besoins, mais sans avoir à gérer toute la complexité d’un blog, et en préservant la qualité et la profondeur qui fait défaut à Twitter.

Que fait Quora ? Le service, très sobre, vous permet de poser des questions et des réponses sur les sujets et les domaines qui vous intéressent, ou dans lesquels vous êtes spécialiste. Vous ne le faites pas anonymement. Vous donnez votre nom et votre bio, le plus souvent en vous connectant via votre compte Facebook ou Twitter. Tout l’intérêt de Quora réside dans la construction d’une communauté qualifiée et de qualité. C’est l’une des grandes tendances du moment dans les réseaux sociaux : pour être plus efficace, il vaut mieux avoir moins d’amis, moins d’abonnés, mais une communauté plus concernée, qui se sent impliquée et en confiance, avec qui les relations sont de qualité. Si Facebook est dominant, l’avenir est aux concentrés de communautés. Sur son blog, Mark Suster (un “entrepreneur turned Venture Capitalist”) raconte que sur un autre service similaire, mais beaucoup plus confidentiel, Answers on Startups, qui devait rassembler 20.000 visites par mois, il a ramené beaucoup de trafic sur son blog, et ses visiteurs restaient plus longtemps sur son site que la moyenne (entre 8 et 20 minutes).

Une communauté d’experts

Sur Quora, vous intervenez comme expert sur les sujets qui vous passionnent. Votre bio est donc très importante. Vous êtes même invités à renseigner vos compétences pour tous les sujets auxquels vous vous abonnez. Vous pouvez également vous abonner à des utilisateurs, et envoyer des contenus à ceux qui suivent votre activité. Un peu comme sur Facebook et Twitter.

Mais là où Quora marque sa différence, c’est sur la qualité des interventions. En fait, si vous consultez sur la plupart des conversations (qui démarrent toujours par une question, et se construisent avec les réponses apportées par la communauté), par exemple ici sur Foursquare et Facebook,  ici sur les Beatles, ou ici sur “combien coûte un reportage au NY Times” vous vous rendez rapidement compte que la richesse des interventions fait de chaque question un véritable contenu de référence. Pour améliorer la qualité de l’ensemble, vous pouvez proposer des améliorations pour préciser la question d’un autre utilisateur et voter pour les meilleures réponses, ou encore créer un résumé des meilleures réponses, un peu comme avec un wiki. Mieux, chacune de vos réponses, parce qu’elle est forcément travaillée (vous jouez votre réputation), vaut finalement un post de blog.

Résultat : vous postez des contenus, analyses, opinions, arguments, chiffres, qui sont capables de toucher un grand nombre de personnes intéressées par le sujet que vous traitez. Pas seulement sur Quora, mais également ailleurs. Mark Suter note par exemple que sa réponse donnée sur une question concernant un service Internet arrivait en tête des requêtes Google !

Quora est donc bien une nouvelle façon de bloguer et un service de social search de qualité, qui ne demande qu’à grandir pour devenir incontournable.

Quelles perspectives pour Quora ?

L’ancien patron d’AOL, Steve Case, l’a bien compris, il s’est construit un véritable espace de conversation et de publication sur Quora. On peut penser que, demain, un certain nombre de leaders pourront faire passer leurs déclarations officielles (ou faussement officielles) en répondant à des questions ciblées sur Quora.

Pour l’instant, les conversations sont en anglais, et concernent essentiellement le business digital, ce qui est compréhensible, le site ayant été lancé au sein de la communauté de la Silicon Valley. Mais on imagine très facilement ce que pourrait donner un Quora dont se seraient emparés les personnalités politiques, les sociologues, les artistes ou même  les blogueuses mode !

D’autant plus que Quora est beaucoup plus accessible que Twitter. Il ne faut pas plus de quelques minutes pour avoir accès à du contenu intéressant et se créer son univers de veille, ce qui n’est pas le cas sur le service de microblogging. Et, à la différence d’un blog, ou même de services plus simples et mobiles comme Tumblr et Posterous, il ne faut pas plus d’une journée pour se créer une communauté d’abonnés ou de contacts qualifiés, intéressés par les mêmes sujets que vous, qui vous liront, répondront à vos questions.

L’une des leçons de Quora, c’est aussi que l’on n’a pas besoin d’être disruptif pour faire un grand succès. Quora est en fait une sorte de benchmark de ce qui se fait de mieux dans les médias sociaux. On prend le meilleur, on coupe ce qui dépasse, on simplifie, on lance et on adapte au fur et à mesure.

Bref, si vous n’y êtes pas encore, je vous invite à vous inscrire dès aujourd’hui. Le site n’est accessible que sur invitation encore. Je peux vous en envoyer si vous me laissez vos coordonnées dans les commentaires.

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Article initialement publié sur le blog de Benoit Raphaël : La Social Newsroom

>> Photos flickr CC Jason Teser ; Robert Scoble

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Comment twitter devient un réseau d’information http://owni.fr/2009/11/22/comment-twitter-devient-un-reseau-dinformation/ http://owni.fr/2009/11/22/comment-twitter-devient-un-reseau-dinformation/#comments Sun, 22 Nov 2009 20:24:52 +0000 Rubin Sfadj http://owni.fr/?p=5640 Pas vraiment réseau social, mais plus du tout “microblog”, Twitter devient petit à petit ce que son fondateur appelle un “réseau d’information”.

Au cours d’un incroyable mois de novembre, qui a vu l’apparition de pas moins de cinq nouvelles fonctions, Twitter a renforcé sa spécificité parmi les innombrables services du Web 2.0 : sur Facebook, “l’objet social”, c’est l’utilisateur ; sur Flickr, c’est la photo ; sur Twitter, on peut à présent l’affirmer avec certitude, c’est l’information.

- 30 octobre : les listes ; 5 novembre : les retweets

À une semaine d’intervalle, Twitter a annoncé ces deux fonctions, qui rappellent certains des points forts de Friendfeed.

Avec les listes, il devient possible de regrouper ses amis en autant de groupes que nécessaire pour continuer à y voir clair (en créant des listes privées), mais aussi de créer des listes thématiques permettant à ses amis de découvrir rapidement de nouveaux utilisateurs (avec les listes publiques). Voir par exemple la liste des journalistes du New York Times ; celle des “intellos” de Twitter ; ou encore les 150 bonnes sources de Narvic.

Comme les “replies”, le “retweeting” (republier, en le citant, un message envoyé par un de vos followers) est une fonction née de l’usage, c’est-à-dire littéralement inventée par les utilisateurs de Twitter. En l’intégrant au fonctionnement du service, Twitter résout d’un coup tous les problèmes liés au retweeting : attribution du tweet à son premier auteur, citations tronquées, citations en chaîne devraient disparaître progressivement, au fur et à mesure que les retweets “natifs” remplacent les citations “manuelles”.

- 10 novembre : l’intégration avec LinkedIn

Difficile de dire si cette annonce vise surtout à relancer un réseau en perte de vitesse par rapport à Facebook, LinkedIn, ou à étendre la sphère d’influence de Twitter dans le monde professionnel face à… Facebook.

Peut-être un peu des deux. En tout cas, LinkedIn prend un coup de jeune assez bienvenu, et Twitter met un pied dans le monde professionnel. Mon petit doigt me dit que ce n’est qu’un début : si de nombreuses entreprises voient encore les réseaux sociaux comme un obstacle à la productivité (probablement à tort), aucune ne peut décemment en dire autant d’un réseau d’information.

- 19 novembre : la géolocalisation et Twitter en français

Depuis avant-hier, Twitter permet aux applications mobiles (comme Twitterrific, Tweetie ou encore TweetDeck) d’inclure dans chaque tweet des données de géolocalisation acquises par GPS. En retour, il devient possible, avec ces applications, suivre vos amis sur une carte ou de retrouver ceux qui sont proches de vous. Cette fonctionnalité est l’élément distinctif d’un service de plus en plus populaire parmi les “early adopters” : Foursquare. En l’offrant nativement à ses utilisateurs, Twitter fait d’une pierre deux coups : il surfe sur la vague du “local web” et, en même temps, fait apparaître Foursquare comme un service simplement accessoire (d’ailleurs, le billet placé en lien ci-dessus décrit Foursquare comme une simple “application pour Twitter”).

L’autre aspect du local web, c’est évidemment l’ouverture aux langues étrangères. Certes, à peu près tout le monde parle l’anglais très rudimentaire nécessaire à l’utilisation de Twitter. Mais pour réellement exister à l’international, ainsi que pour évacuer certaines questions d’ordre déontologique, il est évidemment indispensable de parler la langue maternelle de ses utilisateurs.

Pour ses besoins de traduction, Twitter a fait appel aux compétences de ses propres utilisateurs, à l’instar de Facebook. Le résultat, très satisfaisant, était déjà disponible pour les hispanophones. Depuis jeudi soir, c’est également le cas pour les francophones. Si le site n’est pas encore traduit dans son intégralité, les éléments les plus importants sont présents : inscription, navigation, paramètres, et… liste d’utilisateurs suggérés, dont votre serviteur, qui a également pris part au travail de traduction, a la chance de faire partie.

À en juger par la fréquence à laquelle je reçois les e-mails de notification de nouveaux followers, la décision de traduire Twitter en français est pleinement justifiée : entre jeudi soir et l’heure où j’écris ces lignes (samedi, 14h), mon nombre “d’abonnés” (puisque telle est la traduction de “followers”) a littéralement doublé.

- 20 novembre : bientôt, la pub sur Twitter

La dernière annonce en date est probablement la plus importante : hier, lors de la conférence “RealTime CrunchUp” à San Francisco, le directeur général (COO) de Twitter, Dick Costolo, a révélé l’apparition prochaine d’un modèle de publicité pour Twitter “prêt dans dans le futur proche, et disponible pour nos partenaires”.

On ne connaît pas encore la forme ni les modalités de ce modèle (même si certains se risquent déjà à des pronostiques), mais d’après Costolo : “Ce sera fascinant. Non-traditionnel. Et les gens vont adorer… Ça va être très cool.”

Wait and see, donc. Quoi qu’il en soit, Twitter semble avoir autant grandi en une vingtaine de jours qu’au cours de ses trois ans et demi d’existence. Pas forcément en terme d’audience : la fréquentation du site a même un peu chuté en octobre. Mais en termes de maturité, cela ne fait aucun doute : en s’affirmant comme un réseau d’information, et en confirmant cette affirmation dans les faits, ce qui n’était à ses débuts qu’un simple “side project” a confirmé sa place centrale dans l’économie du lien.

> Article initialement publié sur http://sfadj.com

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http://owni.fr/2009/11/22/comment-twitter-devient-un-reseau-dinformation/feed/ 107
Facebook rachète FriendFeed pour 50 millions de dollars http://owni.fr/2009/08/11/facebook-rachete-friendfeed-pour-50-millions-de-dollars/ http://owni.fr/2009/08/11/facebook-rachete-friendfeed-pour-50-millions-de-dollars/#comments Tue, 11 Aug 2009 14:49:55 +0000 Julien L. http://owni.fr/?p=2273

50 millions de dollars. C’est ce qu’a payé Facebook pour racheter l’agrégateur de contenus le plus en vue du moment. Un montant élevé, dans la mesure où le service est jeune – à peine deux ans – et dans lequel aucun business model clair n’est encore dégagé.

Malgré une très grande popularité, Facebook reste néanmoins prudent face au succès grandissant de Twitter, notamment outre-Atlantique. Ainsi, malgré un socle de 250 millions de membres, le réseau social cherche toujours à consolider ses positions en essayant de proposer des services plus ou moins équivalents à ses principaux rivaux. Facebook avait par exemple expérimenté une page d’accueil en “temps réel” pour mieux concurrencer Twitter souvent vanté pour son efficacité dans le “web temps réel”.

Dernière grande manœuvre en date, le rachat de FriendFeed, un agrégateur de contenus en temps réel relativement méconnu dans l’Hexagone, mais très apprécié en Amérique du Nord. Ce service permet à un utilisateur de centraliser ses différents profils sociaux, allant du blogging (Blogger, Tumblr, Skyrock…), à la vidéo (DailyMotion, YouTube, Vimeo…), sans oublier le bookmarking comme Delicious, l’actualité (Digg, Google News…), les photos (Flickr, Picasa), la musique (Last.fm, Pandora…) et bien d’autres.

L’intérêt de ce site est évident : il permet de regrouper toute son activité en ligne en un seul endroit, évitant ainsi de disperser des informations aux autres coins du web. De plus, il est possible de partager son contenu avec ses amis, tout en suivant et commentant le leur, ce qui permet de suivre leur activité sans avoir à parcourir les nombreux sites communautaires et réseaux sociaux qui existent. Mis au point par quatre anciens de Google, le service a même été décrit comme le futur fossoyeur des weblogs et de certains réseaux sociaux ! Rien que ça.

Disponible dans de nombreuses langues, dont le français, FriendFeed a réussi à s’imposer dans cet univers très concurrentiel en à peine deux ans, d’autant plus qu’il n’avait pas encore de business model très clair, à l’instar de Twitter. Malgré tout, Facebook n’a pas hésité en déboursant près de 50 millions de dollars (15 en liquide, 32,5 en actions) d’après le Wall Street Journal.

Reste désormais à connaitre l’avenir de FriendFeed, car le rachat porte avant-tout sur l’équipe du site et leur savoir-faire. Dès lors, en les réaffectant sur Facebook, le développement de l’agrégateur devrait être stoppé net, le condamnant ainsi à une mort prochaine. À moins que les différences entre les deux sites ne soient trop grandes pour réussir une intégration complète ?

Sauf si les fonctionnalités finissent par être intégrées dans le réseau social, Facebook devrait donc évoluer lui aussi, en particulier sur la question de la vie privée de certaines informations : là où Facebook est davantage fermé avec des niveaux de confidentialité, FriendFeed était ouvert vers l’extérieur. Une différence de taille.

Article initialement publié sur Numérama

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http://owni.fr/2009/08/11/facebook-rachete-friendfeed-pour-50-millions-de-dollars/feed/ 2
Quelle(s) stratégie(s) pour éviter l’Alzheimer numérique ? http://owni.fr/2009/07/28/quelles-strategies-pour-eviter-l%e2%80%99alzheimer-numerique/ http://owni.fr/2009/07/28/quelles-strategies-pour-eviter-l%e2%80%99alzheimer-numerique/#comments Tue, 28 Jul 2009 16:56:27 +0000 Damien Van Achter http://owni.fr/?p=2138 L’obsession de tous les producteurs de contenus qui déversent chaque jour dans l’interweb leurs flux continus de bits au gré des marées du buzz et des trompettes de la renommée (Georges si tu m’entends) a toujours été, et restera ad vitam, d’être consommés par le plus grand nombre. C’est viscéral, quasi christique. La pire chose qui puisse arriver aujourd’hui à un bloggeur, un veilleur, un facebookeur ou à un média est de ne pas exister sur le web. To be numeric or to be rien du tout.
Ayant obtenu sans trop de difficulté son brevet “Publication automatique via RSS”, le Producteur a très vite compris qu’en un seul clic, il pouvait inonder de sa prose tous les services dont Techcrunch, ReadWriteWeb, Mashable et consorts lui vantent les mérites. Alerter la Terre entière de son existence fait partie de la jouissance que procure cette activité, à défaut de lui procurer la moindre rentabilité.
Cette étape obligatoire franchie, et ayant bien suivi les cours de Seth Godin, Tim O’Reilly, Jeff Jarvis et consorts, le Producteur s’est ensuite penché sur la valorisation du feedback que ses consommateurs adorés lui renvoyaient, afin d’améliorer sa prose ou la qualité de l’emballage de ses T-shirst fashion payés par Paypal et envoyés par FedEx.
Et c’est là que les Roumains du web s’empoignèrent…
Publier le même article sur 8.012 services, c’est ouvrir la porte à 8.012 conversations potentiellement enrichissantes, mais à tous les coups chronophages. Le bénéfice d’une large diffusion de l’information se trouve donc réduit à néant par l’obligation d’assurer “un service après-vente” titanesque, pour tout dire techniquement impossible et humainement franchement casse-couilles.
Comment faire ? Quel équilibre trouver entre une multi-présence efficacement distribuée et une monitoring éclairé des conversations éclatées suscitées par celle-ci  ? Peut-on dans ce cas-là encore parler de conversation ? Et, franchement, à part les frappadingues qui passent leur vie à bookmarquer des liens, à deliciouser des extraits, à twitter des saillies longitudinales et à flickeriser le graphe Trucmuche ou le logo Machin, ça intéresse qui ?
Si je voulais être cohérent avec moi-même, je m’auto-flagellerais avec la prise usb de mon iPhone. Mais ce n’est pas mon genre :-)
La vraie bonne question, me semble-t-il, n’est pas de savoir s’il faut utiliser FriendFeed ou non, si Backtype Connect, ECHO ou Google Wave constituent les enièmes Killer Ap qui vont déchirer leur race et rendre riches et célèbres les 15 pc d’utilisateurs qui génèrent 95 pc du bruit de l’interweb actuel, mais bien de savoir où et comment chaque internaute va bien pouvoir conserver une trace pérenne et homogène de toute son activité en ligne.
Ca vous paraît absurde ? Tant mieux, vous pouvez arrêter ici la lecture de ce billet. Merci d’être venu et à bientôt quand même, j’espère.
Je continue et j’explique pour les autres.
Je veux pouvoir me justifier de mes actes, assumer mes propos et défendre mes opinions sur base des “originaux, certifiés conformes” et pas sur ceux qu’un troll aurait déformé en le retwittant à l’envers. Il n’y a pas de “notaires du web” et la cache de Google est trop perverse pour pouvoir lui faire confiance à priori. Ne parlons même pas de Facebook et de ses CGU qui vous privent de vos archives à titre personnel. Ok pour être une source, mais potable de préférence. JSi j ne peux et ne veux surtout pas contrôler l’usage qui est fait des contenus que je distribue, je veux par contre toujours rester maître de ce que je mets en ligne. Et y faire référence devant un juge le cas échéant.
J’aimerais aussi, lorsque je serai vieux et grabataire, seul dans ma maison de retraite full domotisée, pouvoir relire le paquet de conneries que j’ai pu raconter à 30 ans et me fendre la gueule en revivant les discussions qui y étaient associées sans avoir dû niquer 100.000 arbres pour imprimer le tout dans des classeurs à crochets. Vouloir archiver les meilleures palabres que j’ai tenues dans mon café du commerce ne me paraît pas une hérésie, même si je me rends bien compte des Tera de données que cela représente (et que même pour “MA” musique, le stockage des mp3 devient inutile)
En fait, je veux surtout pouvoir m’affranchir de ce risque non nul (et c’est un euphémisme) de voire cette mémoire effacée à jamais parce qu’un gus a merdé l’update de sa DB, parce qu’il y a 99 pc de chances que les services que j’utilise aujourd’hui n’existeront plus quand je m’acheterai mon premier Segway Senior Edition et que mes employeurs successifs auront décidé de purger leurs serveurs de leur “vieux “articles.”Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables”, a-t-on coutume de dire, mais qu’en sera-t-il de nos avatars  ?
Comme nos grands-mères nous ont transmis des boites à chaussures remplies de lettres manuscrites et d’albums photos jaunies, j’aimerais que mes enfants, mes petits-enfants et mes arrières petits-enfants puissent un jour hériter de ma mémoire numérique, leur léguer le disque dur de mon histoire, qu’ils puissent s’y plonger et en ressortir la vidéo, l’article, le commentaire ou la photo qui leur permettra de comprendre de quoi étaient faites les journées de leur paternel au tout début de ce 21ème Siècle ….
Et vous, la pérennité de votre activité en ligne vous préoccupe-t-elle aussi ou bien vous en foutez-vous comme de votre premier poke ?  Si ce n’est pas le cas, auriez-vous la gentillesse de partager avec moi les outils que vous utilisez pour la préserver et la conserver accessible à long terme ?

Billet initialement publié sur Blogging The News

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